Noé

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avr 192014
 

NoéUne vision intéressante de cette légende biblique. Présentée à la sauce fiction post apocalyptique (un monde miné, dévasté par la soif de pouvoir de l’Homme), cette légende revisite le mythe d’un façon rafraîchissante. On ne se retrouve pas devant un péplum empli de morales et croyances religieuses naïves et bon enfant, Noé est un homme très terre à terre qui malgré ses doutes n’hésites pas à vouloir faire disparaître la race humaine car elle n’apporte rien de bon et pourrit le paradis originel. (On est pas bien loin de notre réalité finalement …).

L’introduction est bien réalisée, la création du monde par Dieu traitée de façon plus fantastique que religieuse, la mission du héros bien amenée à coup de visions, les anges déchus (les veilleurs) transformés en golem de pierre pour assister Noé sont même une bonne idée (sinon bonjour pour construire une arche gigantesque), et donc toute la première partie du film se laisse regarder car assez dynamique et bourrée de bonnes idées.

Puis l’arche est construite, et là d’un coup cela devient long et chiant. On passe de l’action à la réflexion et aux blablas, l’intrigue principale se décompose en intrigues secondaires sans grand intérêt : le vilain méchant qui prône la suprématie de l’homme, la progéniture de Noé et sa recherche de compagne pour assurer la descendance. Descendance qui évidemment va à l’encontre du choix de Noé de faire disparaître l’homme, sa famille inclus. Tout cela abouti sur un dernier tiers de film mou, peu passionnant, sans suspense, ennuyeux.

Sinon le film est plutôt bien réalisé, servi par de bons effets spéciaux (sauf les animaux qui sont moyennement bien modélisés mais on ne les voit que quelques secondes), et par un grand Russell Crowe dont le personnage est très réussi : riche, complexe et travaillé. Hélas les rôles secondaires sont creux (mais cela fait plaisir de revoir la belle Jennifer Connelly), le rythme trop inégal, et le film bien trop long.
A voir au moins pour la manière dont le mythe a été revisité, mais ce n’est pas du grand divertissement.

Synopsis
Russell Crowe est Noé, un homme promis à un destin exceptionnel alors qu’un déluge apocalyptique va détruire le monde. La fin du monde… n’est que le commencement.

Sortie en salle le 09 avril 2014
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=194938.html

47 Ronin

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avr 122014
 

47 RoninEncore un film totalement desservi par sa bande annonce mensongère. Cela donnait l’impression d’un film de samouraï dans un environnement fantastique, avec de l’action, d’étranges créatures et plein d’effets spéciaux, mais non, du tout. Tout le grand spectacle est dans la bande annonce : une chasse au monstre en introduction, un petit fight au troll en milieu de film, et une scène de bataille plutôt courte et pauvre en moyens en final. Et entre tout cela, c’est blabla et longueurs.

C’est dommage car l’ambiance est bonne, la musique aussi, et il y avait du potentiel : quelques idées de monstres du folklore japonais, des débuts de décors réussis mais minimalistes (il ne faut pas regarder plus loin que l’action), mais on attend en permanence qu’il se passe enfin quelque chose. Scénario bâclé et incohérent, un Keanu Reeve qui fait tâche dans cet univers de japonais surtout avec un rôle de démon (sick !), une réalisation moyenne du niveau d’un téléfilm (certains effets spéciaux sont risibles), et beaucoup de frustration. A voir en VOD, et encore.

Synopsis
Un perfide seigneur de guerre ayant tué leur maître et banni leur tribu, 47 samouraïs errants jurent de se venger et de restaurer l’honneur de leurs compatriotes. Arrachés à leurs foyers et perdus aux quatre coins des terres connues, cette poignée de rebelles se voit contrainte de recourir à l’aide de Kai – un demi sang qu’ils avaient jadis renié – lors de leur combat à travers un univers violent, peuplé de monstres mythologiques, de métamorphoses maléfiques et d’effroyables dangers. Cet exil sera l’occasion pour cet esclave rejeté de se révéler leur arme la plus redoutable, et de devenir la figure héroïque qui donnera à cette troupe d’insoumis l’énergie de marquer à jamais l’éternité.

Sortie en salle le 02 avril 2014
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=141505.html

mar 292014
 

Captain America, le soldat de l'hiverEn deux mots parce que je n’ai pas grand chose à dire sur ce deuxième opus : je ne suis pas fan du héros, je trouve qu’il manque de charisme, et pour un humain il est un peu trop puissant et immortel. Le scénario est tiré par les cheveux, cela va de rebondissements en rebondissements, la logique n’est pas toujours évidente mais quelle importance de toute manière. Le plus intéressant sont les effets spéciaux et les scènes d’action. Hélas ce Captain America en manque grandement, c’est tout en longueur et en blabla, pour comme toujours passer les 20 dernières minutes sur une surenchère de bastons et destructions. Et oui car le spectateur ne se souvient que de la fin, il faut donc laisser une bonne impression !

Vu en 3D, pour un prix exorbitant de 14.50 € (dont 1€ de lunettes), c’est de plus en plus abusé de nous imposer un format qui n’apporte rien, fatigue les yeux, et coûte une fortune. Le début du film démarre directement sur un combat au corps à corps, entre la caméra catastrophique (plusieurs scènes par seconde, c’est impossible à suivre et à comprendre!) et la 3D, les yeux ne captent plus rien car ils sont encore en train d’essayer de s’accoutumer aux lunettes.

Je crois que j’aurais payé 7 et 8 € pour ce film j’aurais été moins intransigeant, car le film se laisse regarder (sauf les horribles passages d’action mal filmés), il n’est pas désagréable et procure quand même un peu de divertissement. Mais une histoire moyenne, une réalisation moyenne, des héros un peu désolants, et une couche de 3D imposée (sans intérêt), cela donne surtout l’impression d’enrichir les majors du cinéma. Ouip je sais, une fois par an en général j’en veux aux Gaumont et autres UGC pour faire du cinéma un loisir de luxe sans que cela ne soit justifié (la qualité des salles et du service n’a jamais évoluée), c’est tombé sur Captain America, tant pis pour lui :)

Synopsis
Après les événements cataclysmiques de New York de The Avengers, Steve Rogers aka Captain America vit tranquillement à Washington, D.C. et essaye de s’adapter au monde moderne. Mais quand un collègue du S.H.I.E.L.D. est attaqué, Steve se retrouve impliqué dans un réseau d’intrigues qui met le monde en danger. S’associant à Black Widow, Captain America lutte pour dénoncer une conspiration grandissante, tout en repoussant des tueurs professionnels envoyés pour le faire taire. Quand l’étendue du plan maléfique est révélée, Captain America et Black Widow sollicite l’aide d’un nouvel allié, le Faucon. Cependant, ils se retrouvent bientôt face à un inattendu et redoutable ennemi – le Soldat de l’Hiver.

Sortie en salle le 26 mars 2014
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=193113.html

mar 192014
 

Pour faire suite à mon premier commentaire sur ce jeu qui boudait ma machine, je me suis résolu à mettre à niveau ma bécane. Sans rentrer dans les détails, disons que je suis passé d’un dual core à un i7, et la différence est monstrueusement flagrante. Mon vieux proc sur la plupart des jeux tournait toujours à 100%, alors que le nouveau semble s’ennuyer, ronronnant entre 15 et 20%  sans se fatiguer. Ceci laisse une marge considérable pour faire tourner les gros jeux. Et Thief, célèbre pour sa mauvaise optimisation, ne dépasse pas non plus les 20% d’activité.
Bref, je me suis rendu compte que mon goulot d’étranglement, c’était le processeur. Ma carte graphique puissante était bridée par la lenteur du cerveau principale de la machine.

Thief_1

Suite à cela bien sûr j’ai relancé Thief, tout à fond, et j’ai découvert un autre jeu ! Temps de chargement très rapide (en SSD), très fluide, pas si mal graphiquement, avec une bonne ambiance visuelle et sonore, gameplay réactif, bref, très agréable à manipuler.

Cela ne fait pas de Thief un grand jeu, mais j’ai pris plaisir à passer plusieurs heures dessus. La musique est très bonne mais se déclenche un peu quand elle veut, de même que les effets sonores et les voix qui semblent souvent tomber comme un cheveu dans la soupe. La difficulté est très simple, ce qui donne une progression trop facile, sans angoisse, stress ou suspense. Il suffit de se promener en ville (qui est un peu labyrinthique) pour dérober tout ce qui passe à porter, afin d’acheter ses compétences complémentaires. Compétences qui n’apportent pas de réelles évolutions ou de changements dans la manière de jouer son personnage. Je regrette aussi cette linéarité imposée : impossible de sauter où on veut, de lancer un filin ou s’accrocher sur un mur si ce mur n’est pas indiqué comme exploitable (balisé avec d’énormes marques blanches), cela fait assez « tu fais où je te dis de faire, point ! ». Les manières d’aborder les missions ne sont donc pas légions et l’imagination n’a pas sa place.

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Après, on retrouve quand même le plaisir de jouer un homme de l’ombre, de guetter les rondes des gardes pour se faufiler dans leur dos, d’exploiter leur inattention pour leur faire les poches, de surgir de derrière ou d’au dessus pour les assommer. Mais comme l’IA des gardes est assez faible, ils ne vous donneront jamais vraiment de fil à retordre et vous laisseront bêtement approcher trop aisément. On tombera donc rapidement dans un simple jeu de fauche dans lequel se faire du fric n’est ni glorieux ni méritant tant c’est à la portée de tous.

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Les cinématiques sont bien réalisées, les décors plutôt réussis de même que les jeux de lumières, et la quête principale assez bien pensée pour donner envie de la suivre. Même s’il le gameplay est assez limité, nous retrouvons le plaisir des précédents opus, et sans trop en demander, Thief vous fera donc passer quelques bons moments d’immersion, sous condition d’avoir une machine pas trop obsolète.

The Grand Budapest Hotel

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mar 012014
 

The Grand Budapest HotelC’est simplement en regardant l’affiche que je me suis laissé tenter par ce film. Il faut dire que le casting est impressionnant : Ralph Fiennes, Adrien Brody, Willem Dafoe, Jeff Goldblum, Harvey Keitel, Jude Law, Bill Muray, … tous ensembles dans le même hôtel, cela doit être quelque chose !
Bon en fait, sans raconter l’histoire, ce n’est pas du tout cela, ils ne sont pas les occupants des chambres de cet hôtel, et d’ailleurs, le Grand Budapest est même carrément désert. Mais il est le point de départ du personnage central dont la vie va nous être racontée : Monsieur Gustave, le concierge du lieu.

C’est toute la réalisation, la manière de cadrer, la photographie, les dialogues, les jeux d’acteurs, qui font la surprise de ce film. Wes Andersen nous livre un pastiche des vieux films d’avant guerre, avec des décors kitchs, des images sautantes et saccadées, des musiques qui soutiennent les scènes de suspense (tin tin tin !), des gros plans où on imagine bien que le décor derrière n’est qu’une peinture, des enchainements d’actions rythmés comme dans un bon vieux film burlesque muet et noir et blanc tourné à 10 images seconde, des personnages caricaturaux et pittoresques dans de superbes costumes d’époque (années 30) … je dois reconnaître qu’il y a un travail artistique splendide !

Ce Grand Budapest est tout en humour (souvent noir) et poésie, bourré de clins d’œil aux films d’antan, de situations tellement abracadabrantes ou inattendues qu’elles en deviennent très drôles (du style je m’évade de prison, et devant les portes je me lance dans une très longue tirade totalement inutile qui laisse allègrement le temps aux gardiens de me retrouver), tout cela dans un rythme frénétique, une chasse à l’homme pour une sombre question d’héritage, une poursuite haletante qui va nous mener dans de nombreux endroits saugrenus mais prétextes à de superbes images ou situations cocasses.

Monsieur Gustave, sur qui tout repose, est un être d’exception, charmeur et roublard, il est à la fois lourd et subtil, jamais vraiment innocent, et surtout irrésistible. Et sur sa route nous allons croiser pour notre plus grand plaisir tous ces acteurs célèbres, parfois juste pour quelques secondes, mais tous dans des rôles décalés ou un peu trop appuyés, volontairement, pour forcer le trait du personnage. Willem Dafoe en trop vilain méchant tueur en est l’exemple parfait.

Même si l’histoire au final laisse un peu à désirer, et que le rythme s’essouffle sur la fin, ce film est une merveille d’originalité et d’inventivité. Déjanté, avec un excellent second degré, de l’humour piquant, un casting magistral, et surtout une réalisation aux petits oignons, il ne vous laissera pas indifférent et vous fera passer un très bon moment. La seule chose qui nuit à mon appréciation c’est que j’en attendais autre chose, mais c’est quand même une bonne surprise.

D’ailleurs je ne comprends pas pourquoi ce film est aussi peu représenté dans les salles de cinéma (présent dans 214 salles seulement, comparé aux 1000 de supercondriaque, des Trois frères ou de La belle et la bête). Si j’étais vous je ne tarderai pas à aller le voir avant qu’il ne disparaisse des écrans, passage trop furtif, tel l’ovni qu’il est dans ce paysage cinématographique.

Synopsis
Le film retrace les aventures de Gustave H, l’homme aux clés d’or d’un célèbre hôtel européen de l’entre-deux-guerres et du garçon d’étage Zéro Moustafa, son allié le plus fidèle.
La recherche d’un tableau volé, oeuvre inestimable datant de la Renaissance et un conflit autour d’un important héritage familial forment la trame de cette histoire au coeur de la vieille Europe en pleine mutation.

Sortie en salle le 26 février 2014
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=207825.html